Sanglant pamphlet dirigé contre le Régent (Philippe d'Orléans), l'accusant de tous les crimes d'un tyran, des pires perversions d'un débauché – et justifiant son assassinat : Un crime fait pour la patrie/Devient un acte de vertu. Les notes renchérissent souvent sur la licence du texte. TRÈS JOLI MANUSCRIT SOIGNEUSEMENT CALLIGRAPHIÉ et orné de 69 petits ornements en bas de page : fleurs, feuilles, grappes de raisin, poire, pomme, canon… IL EST ANTÉRIEUR À LA PREMIÈRE ÉDITION (1723). La version du texte est la même que celle du manuscrit d'Ambroise Firmin-Didot magistralement décrit par Pavlowski (cat. 1881, III n° 31) qui montre que le texte de cette version primitive est infiniment meilleur que celui des éditions, corrompu et rendu inintelligible par les copies successives. Saint-Simon raconte comment le Régent ayant su qu'il circulait des copies manuscrites d'une pièce contre lui, voulut en prendre connaissance mais ne put y parvenir « parce que personne n'osa la lui montrer… À la fin il exigea si fort que je (Saint-Simon) la lui apporterois qu'il n'y eut pas moyen de m'en défendre… Tout ce que l'enfer peut vomir de vrai et de faux y était exprimé dans les plus beaux vers, et tout l'art et l'esprit que l'on peut imaginer… (Le Régent) la prit donc et la lut bas, debout devant la fenêtre… Mais tout d'un coup, je le vis changer de visage (…). Il était à l'endroit où le scélérat montre M. le duc d'Orléans dans le dessein d'empoisonner le Roi et tout près d'exécuter son dessein. Ah ! me dit-il c'est est trop. Cette horreur est plus forte que moi…Je n'ai jamais vu homme si pénétré, si intimement touché, si accablé d'une injustice si énorme et si suivie… « (t. XV, p. 169-171). Le Régent fit enfermer La Grange-Chancel aux îles Marguerite mais celui-ci réussit à s'enfuir et gagna la Sardaigne, l'Espagne puis la Hollande – enfin la France, après la mort du duc d'Orléans. L'indignation de Saint-Simon n'était certainement pas feinte puisqu'il était lui-même mis en cause pour le pamphlet et dûment égratigné par l'auteur des notes qui le qualifie de Vain et plus fier qu'il n'est petit. RAVISSANTE RELIURE ORNÉE D'UNE LARGE DENTELLE DROITE. Il a appartenu à Gustave Mouravit (note de sa main et cachet) qui l'avait acquis au moment où il préparait une édition critique de ce texte. Petite mouillure angulaire, sans gravité.
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Claude L.'s Librairy - Part 2
5:30 AM PT - Apr 29th, 2008
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