G. Brunet, Recherches sur les imprimeries imaginaires, clandestines et particulières pp. 18-19. TRÈS RARE OUVRAGE IMPRIMÉ SUR LA PRESSE PARTICULIÈRE DE GAUFFECOURT, À MONBRILLANT, SA PROPRIÉTÉ DE CAMPAGNE AUX PORTES DE GENÈVE, ET TIRÉ, SELON CERTAINS, À 21 EXEMPLAIRES. Charles Nodier lui a consacré un chapitre de ses Mélanges (Mélanges tirés d'une petite bibliothèque pp. 305-309). Fils d'un Trésorier de France, Lesvesque de Pouilly avait formé avec Saint-Hyacinthe et ses deux frères, Levesque de Burigny et Levesque de Champeaux, un cercle déiste, favorable à une religion naturelle, proche du matérialisme, remettant en cause les fictions de l'histoire, critiquant le rôle temporel de l'Église et l'ambition de ses ministres. Il s'était lié en Angleterre avec Lord Bolingbroke et de leurs échanges naquit la Théorie des sentiments agréables, réflexion sensualiste selon laquelle « l'intelligence divine » conduit l'homme non seulement par la voie du raisonnement mais aussi par celles de l'instinct et du sentiment, le plaisir et la douleur étant les marques incontestables du bien et du mal. Gauffecourt qui avait résidé à Genève s'était lié d'amitié avec Jean-Jacques Rousseau qui, dans les Confessions, trace de lui un portrait assez flatteur. Par lui il entra dans la société de Mme d'Épinay, des Dupin, connut Grimm et Diderot, fréquenta la Chevrette, correspondit avec Voltaire… Il était, selon Nodier, le parent de Levesque de Pouilly, en tous cas son ami et partageait sa philosophie sensualiste. Il avait été, en 1739, le rival de Levesque de Champeaux, frère de l'auteur, quand il brigua le poste de résident de France à Genève ; Champeaux l'emporta mais Gauffecourt demeura son ami. Il avait installé dans sa propriété de Monbrillant, près de Genève, une petite presse particulière sur laquelle il s'amusa à imprimer cet ouvrage pour le distribuer à ses amis. Quand, quelques années plus tard, il se retira chez Mme d'Épinay, il y transporta son matériel d'imprimerie et enseigna à son amie le métier de typographe. C'est sur sa presse qu'elle imprima ses Lettres à mon filset Mes moments heureux( 1759), tous deux d'une insigne rareté. CHARMANT EXEMPLAIRE EN RELIURE DE L'ÉPOQUE. Gauffecourt n'a imprimé que deux livres : celui-ci et son Traité de la reliure des livres (1763).
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Claude L.'s Librairy - Part 2
5:30 AM PT - Apr 29th, 2008
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Alde
1, rue de Fleurus
Paris, 75006
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