Visite dans la loge de la danseuse - circa 1880
Aquarelle et gouache sur traits de plume et encre brune sur papier
Signé en bas à droite "j.l.forain"
26 x 29.5 cm
Provenance : Vente Paris, Hôtel Drouot, Me Lair-Dubreuil, Collection V., 27 mai 1926, lot 110
Collection particulière, Paris
Galerie Ivo Bouwman, Pays-Bas, 1998
Galerie Jean-François Heim, Bâle
Collection Gérard Valkier, Pays-Bas
Acquis auprès de cette dernière par l'actuel propriétaire en décembre 2016, selon l'actuel propriétaire
Collection Louis Grandchamp des Raux
Expositions : La Haye, Galerie Ivo Bouwman, Najaastentoonstelling, 1998, reproduit
Bibliographie : Nous remercions Madame Florence Valdès-Forain de nous avoir aimablement confirmé que l’œuvre sera incluse au catalogue raisonné de l’œuvre de Jean-Louis Forain en cours de préparation.
Watercolor and gouache over pen and brown ink on paper, signed lower right; 10 1/4 x 11 5/8 in.
« M. Forain est l’un des peintres de la vie moderne les plus incisifs que je connaisse »1 : c’est ainsi que Karl Huysmans qualifie l’art de Jean-Louis Forain. L’intérêt de Forain pour la vie nocturne l’incite à explorer de manière récurrente le monde du théâtre et de la danse dont il propose une lecture subversive.
Les moments intermédiaires - entractes, coulisses, loges - sont privilégiés par Forain et lui permettent de dévoiler l’envers du décor. Introduit à l’Opéra par Edgar Degas, de dix-huit ans son aîné, Forain développe une prédilection pour les espaces situés hors de la scène où se joue une autre forme de spectacle. Dans ses compositions, les danseuses apparaissent fréquemment entourées d’« abonnés », figures masculines issues de la bonne société qui cherchent à séduire les jeunes interprètes tout en leur offrant un soutien matériel. À travers ces interactions, l’artiste met en évidence les rapports sociaux et les jeux de pouvoir, faisant de ces scènes un véritable miroir des mœurs parisiennes.
Cette aquarelle, signée « J. L. Forain » que l’on situe vers 1880, aborde précisément ce thème. Cette œuvre représente une danseuse qui fait face au spectateur et tourne un visage souriant vers l’homme apprêté, installé à ses côtés dans la loge. Une vieille dame est en train de fixer (ou d’enlever) un élément du costume au niveau de la taille, maintenant ainsi la jeune femme dans une posture figée face à la sollicitation muette de son auditoire. Les œuvres de Forain qui s’inscrivent dans une réflexion sociale sur la condition des danseuses, étaient admirées par Henri de Toulouse-Lautrec qui déclare en 1891 : « Je ne suis d’aucune école. Je travaille dans mon coin. J’admire Degas et Forain »2.
1. Jean-Louis Forain 1852-1931, « La Comédie Parisienne », cat. exp., Paris, Petit Palais, 10 mars-5 juin 2011, p. 32, note 2.
2. Cité par op. cit., cat. exp., 2011, p. 64.
Un avis d’inclusion de Madame Florence Valdès-Forain pourra être délivré sur demande et à la charge de l’acquéreur.
Jean-Louis FORAIN (1852 - 1931)
26 x 29.5 cm
“Mr Forain is one of the most incisive painters of modern life I know” (¹): this is how Karl Huysmans described Jean-Louis Forain. Forain’s interest in city nightlife led him to repeatedly explore the world of theatre and dance, bringing to it his own subversive interpretation.
The in-between moments - entr’acte, backstage, dressing room – were favoured by Forain, allowing him to draw back the curtain on the hidden reality of this world. First introduced to the Paris Opera by Edgar Degas, who was eighteen years older, Forain developed a taste for the spaces away from the stage where another sort of spectacle was being played out. In his works, dancers are often shown surrounded by men from high society seeking to seduce the young female performers while offering them financial support. Through these encounters, the artist highlighted social relationships and power dynamics, making these scenes a true reflection of Parisian society at the time.
This watercolour signed J. L. Forain, which can be dated to around 1880, represents this exact subject. In this work, a dancer facing the viewer turns her smiling face towards the smartly dressed man standing next to her in her dressing room. An older woman is fastening (or unfastening) a part of her costume at the waist, thus keeping the young woman in a static pose as she responds to the silent request of her suitor. Forain’s works, which fall within the scope of social commentary on the plight of dancers, were admired by Henri de Toulouse-Lautrec, who declared in 1891 : “I belong to no school. I work on my own. I admire Degas and Forain” (2).
1. Jean-Louis Forain 1852-1931, « La Comédie Parisienne », exhibition catalogue Paris, Petit Palais, 10 March-5 June 2011, p. 32, note 2.
2. Quoted in op. cit., exh cat., 2011, p. 64.


































