Description
Maurice DENIS
Feu de goémon devant la mer - 1894
Tempera sur papier
Signé du monogramme en bas à droite "M/A/V/D"
50 x 98.3 cm
Provenance : Atelier de l’artiste, puis par descendance
Collection particulière, 2013
Galerie Antoine Laurentin, Paris
Galerie Enora, Paris, mars 2016
Eric Gillis Fine Art, Bruxelles
Acquis auprès de cette dernière par l'actuel propriétaire le 10 mars 2017
Collection Louis Grandchamp des Raux
Expositions : Morlaix, Musée de Morlaix, Perros-Guirec, Maison des Traouieros, Maurice Denis à Perros-Guirec, juillet-août 1985
Pont-Aven, Musée de Pont-Aven, Maurice Denis et la Bretagne, La Leçon de Pont-Aven, juin-octobre 2009, reproduit p.28
Granville, Musée d’art moderne Richard Anacréon, Maurice Denis au fil de l’eau, avril-septembre 2013, reproduit p. 46
Bruxelles, Eric Gillis Fine Arts, 1785-1919, Paintings, Drawings & Sculpture, octobre 2017, catalogue n°19, n° 7 p.70, reproduit en couleur p.71
Cette œuvre est référencée dans les archives du catalogue raisonné Maurice Denis de Mesdames Claire Denis et Fabienne Stahl sous le numéro d’indexation 894.1022.
Tempera on paper; signed with the monogram lower right; 19 3/4 x 38 3/4 in.
Dans cette grande œuvre sur papier, Maurice Denis illustre à merveille la leçon de Paul Gauguin donnée à Paul Sérusier pour la création du Talisman (Paris, musée d’Orsay). Denis lui-même en a rapporté les termes, soulignant cette approche synthétique et subjective de la couleur : « Comment voyez-vous ces arbres ? Ils sont jaunes. Eh bien, mettez du jaune ; cette ombre, plutôt bleue, peignez-la avec de l’outremer pur ; ces feuilles rouges ? mettez du vermillon. » Pour ce Feu de goémon devant la mer, l’artiste applique le synthétisme de manière audacieuse, avec des aplats de couleurs vives et une simplification radicale des formes. En plaçant la ligne d’horizon haut sur la toile, il s’inspire des estampes japonaises qui ont tant fasciné les nabis. Hormis cette ligne droite, tous les autres traits ne sont que courbes. Cette étude pour un projet qui n’a pas pu être identifié s’inspire d’un littoral breton, possiblement du Pouldu selon une attribution traditionnellement avancée. Maurice Denis manifeste un attachement particulier pour cette localité bretonne, proche de Pont-Aven, où il séjourne durant l’été 1899 et réalise notamment une Maternité au Pouldu (Musée de Pont-Aven) et des Baigneuses, plage du Pouldu (Paris, Petit Palais) (fig. 1).
Le motif trouve son origine dans le brûlage des algues sur le rivage, pratique destinée à produire de l’iode, alors employé en agriculture, en pharmacie et en photographie. Les volutes stylisées de la fumée blanche, au cœur de la composition, répondent aux lignes ondoyantes des dunes de sable et font écho à celles des nuages.
Les quatre éléments – terre, eau, air et feu – sont unis par une gamme chromatique harmonieuse mêlant des bleus aux oranges peints à la tempera. Le caractère décoratif de l’œuvre est accentué par l’emploi du revers d’un papier peint, dont les motifs abstraits transparaissent légèrement. Dès leurs débuts, les nabis se sont intéressés à la décoration murale, manifestant un intérêt important pour les arts décoratifs dans un désir d’abolir la hiérarchie des arts. Dans cette perspective, Paul-Élie Ranson et Maurice Denis s’essaient tous deux à la création de papiers peints.
En 1893, soit l’année précédant l’exécution de notre œuvre, Denis réalise ainsi une série de panneaux à la gouache, parmi lesquels Les Bateaux jaunes (fig. 3) et Les Bateaux roses (fig. 2), conçus pour être transposés en papiers peints.
Fig. 1 : Maurice Denis, Baigneuses, plage du Pouldu, 1899, huile sur toile, Petit Palais, Musée des Beaux-arts de la Ville de Paris
Fig. 2 : Maurice Denis, Les bateaux roses, 1893, gouache sur carton
Fig. 3 : Maurice Denis, Les bateaux jaunes, 1893, aquarelle, crayon et gouache sur papier, Collection particulière
Maurice DENIS
50 x 98.3 cm
In this large work on paper, Maurice Denis beautifully illustrates the lesson of Paul Gauguin to Paul Sérusier for the creation of Le Talisman (Paris, Musée d’Orsay). Denis himself related these words, emphasizing this synthetic and subjective approach to colour: “How do you see these trees? They’re yellow. Well, use yellow; that shadow, which is rather blue, paint it with pure ultramarine; those red leaves? Use vermilion.” In this painting, Feu de Goémon Devant la Mer, the artist takes the ideas of Synthetism and applies them boldly, with flat areas of bright colour and a radical simplification of forms. In placing the horizon line high on the canvas he takes inspiration from the Japanese prints that so fascinated the Nabis. With the exception of this straight line, all the others are curved. This study for a project, yet to be identified, is inspired by the Brittany coast, traditionally thought to be Pouldu. Maurice Denis was particularly attached to this spot in Brittany, close to Pont-Aven where he stayed during the summer of 1899 and where he painted Maternité au Pouldu (Musée de Pont-Aven) and the Baigneuses, Plage de Pouldu (Paris, Petit Palais) (ill. 1). The subject is the burning of seaweed on the shore, a practice that produces iodine, used at the time in agriculture, pharmaceuticals and photography. The stylized spirals of white smoke at the heart of the composition mirror the undulating lines of the dunes and echo those of the clouds. The four elements – earth, water, air and fire – are united by a harmonious colour palette blending blues and oranges painted in tempera. The decorative nature of the work is accentuated by the fact that the abstract patterns of the wallpaper design on the back show through very faintly. From the very beginning, the Nabis took an interest in wall decoration, demonstrating a keen interest in the decorative arts in this shared desire to do away with any hierarchy in any of the arts. With this principle in mind, Paul-Élie Ranson and Maurice Denis both worked at designing wallpaper. In 1893, the year before the execution of the present work, Denis made a series of panels in gouache intended for wallpaper, among them Les Bateaux Jaunes (ill. 3) and Les Bateaux Roses (ill. 2).
Fig. 1 : Maurice Denis, Baigneuses, plage du Pouldu, 1899, huile sur toile, Petit Palais, Musée des Beaux-arts de la Ville de Paris
Fig. 2 : Maurice Denis, Les bateaux roses, 1893, gouache sur carton
Fig. 3 : Maurice Denis, Les bateaux jaunes, 1893, aquarelle, crayon et gouache sur papier, Collection particulière
Feu de goémon devant la mer - 1894
Tempera sur papier
Signé du monogramme en bas à droite "M/A/V/D"
50 x 98.3 cm
Provenance : Atelier de l’artiste, puis par descendance
Collection particulière, 2013
Galerie Antoine Laurentin, Paris
Galerie Enora, Paris, mars 2016
Eric Gillis Fine Art, Bruxelles
Acquis auprès de cette dernière par l'actuel propriétaire le 10 mars 2017
Collection Louis Grandchamp des Raux
Expositions : Morlaix, Musée de Morlaix, Perros-Guirec, Maison des Traouieros, Maurice Denis à Perros-Guirec, juillet-août 1985
Pont-Aven, Musée de Pont-Aven, Maurice Denis et la Bretagne, La Leçon de Pont-Aven, juin-octobre 2009, reproduit p.28
Granville, Musée d’art moderne Richard Anacréon, Maurice Denis au fil de l’eau, avril-septembre 2013, reproduit p. 46
Bruxelles, Eric Gillis Fine Arts, 1785-1919, Paintings, Drawings & Sculpture, octobre 2017, catalogue n°19, n° 7 p.70, reproduit en couleur p.71
Cette œuvre est référencée dans les archives du catalogue raisonné Maurice Denis de Mesdames Claire Denis et Fabienne Stahl sous le numéro d’indexation 894.1022.
Tempera on paper; signed with the monogram lower right; 19 3/4 x 38 3/4 in.
Dans cette grande œuvre sur papier, Maurice Denis illustre à merveille la leçon de Paul Gauguin donnée à Paul Sérusier pour la création du Talisman (Paris, musée d’Orsay). Denis lui-même en a rapporté les termes, soulignant cette approche synthétique et subjective de la couleur : « Comment voyez-vous ces arbres ? Ils sont jaunes. Eh bien, mettez du jaune ; cette ombre, plutôt bleue, peignez-la avec de l’outremer pur ; ces feuilles rouges ? mettez du vermillon. » Pour ce Feu de goémon devant la mer, l’artiste applique le synthétisme de manière audacieuse, avec des aplats de couleurs vives et une simplification radicale des formes. En plaçant la ligne d’horizon haut sur la toile, il s’inspire des estampes japonaises qui ont tant fasciné les nabis. Hormis cette ligne droite, tous les autres traits ne sont que courbes. Cette étude pour un projet qui n’a pas pu être identifié s’inspire d’un littoral breton, possiblement du Pouldu selon une attribution traditionnellement avancée. Maurice Denis manifeste un attachement particulier pour cette localité bretonne, proche de Pont-Aven, où il séjourne durant l’été 1899 et réalise notamment une Maternité au Pouldu (Musée de Pont-Aven) et des Baigneuses, plage du Pouldu (Paris, Petit Palais) (fig. 1).
Le motif trouve son origine dans le brûlage des algues sur le rivage, pratique destinée à produire de l’iode, alors employé en agriculture, en pharmacie et en photographie. Les volutes stylisées de la fumée blanche, au cœur de la composition, répondent aux lignes ondoyantes des dunes de sable et font écho à celles des nuages.
Les quatre éléments – terre, eau, air et feu – sont unis par une gamme chromatique harmonieuse mêlant des bleus aux oranges peints à la tempera. Le caractère décoratif de l’œuvre est accentué par l’emploi du revers d’un papier peint, dont les motifs abstraits transparaissent légèrement. Dès leurs débuts, les nabis se sont intéressés à la décoration murale, manifestant un intérêt important pour les arts décoratifs dans un désir d’abolir la hiérarchie des arts. Dans cette perspective, Paul-Élie Ranson et Maurice Denis s’essaient tous deux à la création de papiers peints.
En 1893, soit l’année précédant l’exécution de notre œuvre, Denis réalise ainsi une série de panneaux à la gouache, parmi lesquels Les Bateaux jaunes (fig. 3) et Les Bateaux roses (fig. 2), conçus pour être transposés en papiers peints.
Fig. 1 : Maurice Denis, Baigneuses, plage du Pouldu, 1899, huile sur toile, Petit Palais, Musée des Beaux-arts de la Ville de Paris
Fig. 2 : Maurice Denis, Les bateaux roses, 1893, gouache sur carton
Fig. 3 : Maurice Denis, Les bateaux jaunes, 1893, aquarelle, crayon et gouache sur papier, Collection particulière
Maurice DENIS
50 x 98.3 cm
In this large work on paper, Maurice Denis beautifully illustrates the lesson of Paul Gauguin to Paul Sérusier for the creation of Le Talisman (Paris, Musée d’Orsay). Denis himself related these words, emphasizing this synthetic and subjective approach to colour: “How do you see these trees? They’re yellow. Well, use yellow; that shadow, which is rather blue, paint it with pure ultramarine; those red leaves? Use vermilion.” In this painting, Feu de Goémon Devant la Mer, the artist takes the ideas of Synthetism and applies them boldly, with flat areas of bright colour and a radical simplification of forms. In placing the horizon line high on the canvas he takes inspiration from the Japanese prints that so fascinated the Nabis. With the exception of this straight line, all the others are curved. This study for a project, yet to be identified, is inspired by the Brittany coast, traditionally thought to be Pouldu. Maurice Denis was particularly attached to this spot in Brittany, close to Pont-Aven where he stayed during the summer of 1899 and where he painted Maternité au Pouldu (Musée de Pont-Aven) and the Baigneuses, Plage de Pouldu (Paris, Petit Palais) (ill. 1). The subject is the burning of seaweed on the shore, a practice that produces iodine, used at the time in agriculture, pharmaceuticals and photography. The stylized spirals of white smoke at the heart of the composition mirror the undulating lines of the dunes and echo those of the clouds. The four elements – earth, water, air and fire – are united by a harmonious colour palette blending blues and oranges painted in tempera. The decorative nature of the work is accentuated by the fact that the abstract patterns of the wallpaper design on the back show through very faintly. From the very beginning, the Nabis took an interest in wall decoration, demonstrating a keen interest in the decorative arts in this shared desire to do away with any hierarchy in any of the arts. With this principle in mind, Paul-Élie Ranson and Maurice Denis both worked at designing wallpaper. In 1893, the year before the execution of the present work, Denis made a series of panels in gouache intended for wallpaper, among them Les Bateaux Jaunes (ill. 3) and Les Bateaux Roses (ill. 2).
Fig. 1 : Maurice Denis, Baigneuses, plage du Pouldu, 1899, huile sur toile, Petit Palais, Musée des Beaux-arts de la Ville de Paris
Fig. 2 : Maurice Denis, Les bateaux roses, 1893, gouache sur carton
Fig. 3 : Maurice Denis, Les bateaux jaunes, 1893, aquarelle, crayon et gouache sur papier, Collection particulière
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Oct 24, 2026, 10:00 AM EDTParis, IDF, France
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