Description
Pierre BONNARD
La Baignade de Marthe - 1893
Huile et crayon sur panneau
Signé et daté en haut à gauche "PBonnard /93"
35.2 x 27 cm
Provenance : Thadée Natanson, Paris
Vente Paris, Hôtel Drouot, Me Baudoin, 13 juin 1908, lot 2
Galerie Bernheim-Jeune, Paris (acquis lors de cette dernière)
Collection Adams Brothers, Londres, 1937
Collection A. Harpman
Collection Rosemary Peto, Bembridge, Île de Wight (acquis en 1949)
Vente Londres, Christie's, 8 décembre 1999, lot 9
Galerie Neffe-Degandt Fine Art, Londres
Collection particulière, New York (2001)
Vente New York, Sotheby’s, 6 novembre 2015, lot 203
Acquis lors de cette vente par l'actuel propriétaire
Collection Louis Grandchamp des Raux
Expositions : Paris, Galerie Vollard, circa 1894
Exeter, Royal Albert Museum and Art Gallery, Wolverhampton, Municipal Art Gallery, Sunderland, Public Museum and Art Gallery, Carlisle, Museum and Art Gallery, Eastbourne, Towner Art Gallery, French Paintings from Mr. Peto's Collection, 1951-1952, n°3
Plymouth, City Art Gallery, French Impressionists and English Painting and Sculpture from the Peto Collection,1960-1961, n°3
Londres, Royal Academy, Pierre Bonnard, hiver 1966, n° 11, p.34 (selon une étiquette au dos)
Munich, Haus der Kunst, Paris, Orangerie des Tuileries, Centenaire de la naissance de Pierre Bonnard, octobre 1966 - avril 1967 (selon une étiquette au dos)
Nottingham, Nottingham Castle Museum, Pierre Bonnard 1867-1947, 1984, n°117, reproduit
Tokyo, Isetan Museum of Art, Pierre Bonnard, juillet 1991
Aix-en-Provence, Hôtel de Caumont, centre d’art, Bonnard et le Japon, avril-octobre 2024, reproduit p.156
Barcelone, Fundacio Catalunya La Pedrera, Les Nabis de Bonnard à Vuillard, mars - juin 2026, p.234, reproduit en couleur p.190
Varsovie, Royal ?azienki Museum, The Nabis – Prophets of a New Art, juillet-septembre 2026
Bibliographie : G. Coquiot, Bonnard, Bernheim-Jeune, Paris, 1922, p.21-23
T. Natanson, Le Bonnard que je propose, Pierre Cailler, Genève, 1951, n°2, p.112
J. et H. Dauberville, Catalogue raisonné de l'oeuvre peint révisé et augmenté 1888-1905, vol. I, Paris, 1992, n° 72, reproduit en noir et blanc p.136
N. Watkins, Bonnard, Phaidon, Paris, 1994, n°24, reproduit p.37
Un certificat de Monsieur Pierre Vernon pourra être délivré sur demande de l'acquéreur.
Oil and pencil on panel; signed and dated upper left; 13 7/8 x 10 5/8 in.
En 1951, Thadée Natanson publie Le Bonnard que je propose, ouvrage dans lequel il reprend les descriptions des dix-neuf tableaux de l’artiste qu’il avait été « forcé » de vendre en 1908. Celui-ci est ainsi décrit : « Baignade : À l’ombre d’un arbre une dame va plonger près d’un bateau dont la rame coupe la nappe ensoleillée du fleuve. Harmonie vert et gris, rehauts de deux ors et lie de vin. »
Ce passage met en lumière la dimension narrative de l’œuvre en interprétant l’attitude inclinée de la figure féminine comme l’instant précédant un plongeon. Le modèle de Bonnard est très probablement Marthe, sa muse rencontrée en 1893, année d’exécution de ce tableau (fig. 1). Dotée d’un tempérament effacé et peu sociable, elle incarne l’exact opposé de Misia.
Employée dans une boutique de fleurs artificielles, elle se présente sous le nom de Marthe de Méligny, dissimulant une identité plus humble, celle de Maria Boursin, née dans une famille modeste du Berry et âgée de trente-quatre ans. Bonnard l’épouse en 1925 et sa disparition en 1942 l’affecte profondément.
Marthe fut un modèle privilégié, particulièrement pour les séries de nus qui firent la célébrité du peintre (fig. 4).
Dans La Baignade, Marthe apparaît comme une figure quasi mythologique, évoquant une nymphe prête à glisser dans l’eau, à la manière des héroïnes éthérées qui peuplent les drames symbolistes de Maeterlinck, auteur alors très admiré par les nabis. La jeune femme s’avance vers un bassin dont la surface capte intensément la lumière dorée filtrée à travers les arbres.
Derrière elle, la balustrade d’un pont traverse la scène, tandis que glisse un petit voilier qui s’éloigne vers une mer scintillante. Comme dans plusieurs de ses œuvres de jeunesse (fig. 2 et 3), Bonnard, surnommé le « nabi très japonard », organise sa composition selon des principes empruntés aux estampes japonaises. L’élévation abrupte du point de vue, le raccourci audacieux, la ligne souple qui décrit le corps et en particulier la courbe délicate du dos font référence à l’art japonais et plus particulièrement à celui d’Utamaro. Pour Nicholas Watkins, cette métamorphose de Marthe en nymphe annonce les thèmes développés par Bonnard dans ses illustrations de Daphnis et Chloé, publiées en 1902. L’artiste aborde ce nu avec une sensualité nouvelle, au moment même où débute sa relation amoureuse avec Marthe.
Le mouvement de la jeune femme, penchée vers l’eau, forme une seule et longue courbe qui unit la tête, le dos et les hanches. La lumière dorée, réfléchie par le bassin, se dépose sur sa peau, se mêle à ses cheveux et se prolonge jusque sur le pont, unifiant la scène dans une même harmonie chromatique. Le rideau de végétation encadre la composition comme une fenêtre naturelle, plaçant le spectateur dans une posture légèrement furtive, presque de voyeur, face à un instant d’intimité saisi sur le vif.
Fig. 1 : Marthe de profil, s’essuyant la jambe, circa 1900-1901, négatif sur film souple au gélatino-bromure d’argent
Fig. 2 : Pierre Bonnard, Les trois âges (maternité), 1893, huile sur toile
Fig. 3 : Pierre Bonnard, Tête de femme, circa 1892, huile sur bois, Collection particulière, Suisse
Fig. 4 : Pierre Bonnard, Nu à contre-jour, huile sur toile, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles
Pierre BONNARD
35.2 x 27 cm
In 1951, Thadée Natanson published Le Bonnard Que Je Propose, a work in which he revisited the descriptions of the nineteen paintings by Bonnard that he had been ’forced’ to sell in 1908. This one is described as follows: “In the shade of a tree, a woman is about to dive near a boat whose oar cuts through the sun-drenched surface of the river. Harmony of green and grey, highlighted by two shades of gold and burgundy”.
This passage highlights the narrative dimension of the work in its interpretation of the female figure’s leaning posture at the moment just before she dives into the water. Bonnard’s model was most likely his muse Marthe, whom he had met in 1893, the year this painting was created (ill. 1). With her reserved and introverted nature, she was the exact opposite of Misia.
An employee in a shop selling artificial flowers, she went by the name of Marthe de Méligny, concealing a more humble identity: that of Maria Boursin, thirty-four years old and born into a modest family in Berry. Bonnard married her in 1925 and was deeply affected by her death in 1942.
Marthe was a favourite model, notably for the series of nudes that brought the painter fame (ill. 4).
In La Baignade, Marthe appears as an almost mythological figure, suggesting a nymph ready to slip into the water, much like the ethereal heroines who populate the Symbolist plays of Maeterlinck, an author who was greatly admired by the Nabis at the time. The young woman moves towards a pool whose surface captures the golden light filtering through the trees. Behind her, the railing of a bridge crosses the scene, whilst a small sailing boat glides away towards a sparkling sea. As in many of his early works (ill. 2 and 3), Bonnard, nicknamed the ’very Japanese Nabi’, organises his composition according to principles borrowed from Japanese prints. The abrupt rise in the viewpoint, the bold foreshortening, the supple line tracing the body and in particular, the delicate curve of the back, all draw upon Japanese art, and more specifically that of Utamaro. For Nicholas Watkins, this metamorphosis of Marthe into a nymph foreshadows the themes developed by Bonnard in his illustrations for Daphnis et Chloé, published in 1902.
The artist approaches this nude with a new sensuality, just as his romantic relationship with Marthe was beginning. The young woman’s movement, as she leans towards the water, forms a single, long curve that unites her head, back and hips. The golden light, reflected by the pond, falls upon her skin, mingles with her hair and extends all the way to the bridge, unifying the scene in a single chromatic harmony.
The curtain of foliage frames the composition like a natural window, placing the viewer in a slightly furtive, almost voyeuristic position, witnessing a moment of intimacy captured as it unfolds.
Fig. 1 : Marthe de profil, s’essuyant la jambe, circa 1900-1901, négatif sur film souple au gélatino-bromure d’argent
Fig. 2 : Pierre Bonnard, Les trois âges (maternité), 1893, huile sur toile
Fig. 3 : Pierre Bonnard, Tête de femme, circa 1892, huile sur bois, Collection particulière, Suisse
Fig. 4 : Pierre Bonnard, Nu à contre-jour, huile sur toile, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles
La Baignade de Marthe - 1893
Huile et crayon sur panneau
Signé et daté en haut à gauche "PBonnard /93"
35.2 x 27 cm
Provenance : Thadée Natanson, Paris
Vente Paris, Hôtel Drouot, Me Baudoin, 13 juin 1908, lot 2
Galerie Bernheim-Jeune, Paris (acquis lors de cette dernière)
Collection Adams Brothers, Londres, 1937
Collection A. Harpman
Collection Rosemary Peto, Bembridge, Île de Wight (acquis en 1949)
Vente Londres, Christie's, 8 décembre 1999, lot 9
Galerie Neffe-Degandt Fine Art, Londres
Collection particulière, New York (2001)
Vente New York, Sotheby’s, 6 novembre 2015, lot 203
Acquis lors de cette vente par l'actuel propriétaire
Collection Louis Grandchamp des Raux
Expositions : Paris, Galerie Vollard, circa 1894
Exeter, Royal Albert Museum and Art Gallery, Wolverhampton, Municipal Art Gallery, Sunderland, Public Museum and Art Gallery, Carlisle, Museum and Art Gallery, Eastbourne, Towner Art Gallery, French Paintings from Mr. Peto's Collection, 1951-1952, n°3
Plymouth, City Art Gallery, French Impressionists and English Painting and Sculpture from the Peto Collection,1960-1961, n°3
Londres, Royal Academy, Pierre Bonnard, hiver 1966, n° 11, p.34 (selon une étiquette au dos)
Munich, Haus der Kunst, Paris, Orangerie des Tuileries, Centenaire de la naissance de Pierre Bonnard, octobre 1966 - avril 1967 (selon une étiquette au dos)
Nottingham, Nottingham Castle Museum, Pierre Bonnard 1867-1947, 1984, n°117, reproduit
Tokyo, Isetan Museum of Art, Pierre Bonnard, juillet 1991
Aix-en-Provence, Hôtel de Caumont, centre d’art, Bonnard et le Japon, avril-octobre 2024, reproduit p.156
Barcelone, Fundacio Catalunya La Pedrera, Les Nabis de Bonnard à Vuillard, mars - juin 2026, p.234, reproduit en couleur p.190
Varsovie, Royal ?azienki Museum, The Nabis – Prophets of a New Art, juillet-septembre 2026
Bibliographie : G. Coquiot, Bonnard, Bernheim-Jeune, Paris, 1922, p.21-23
T. Natanson, Le Bonnard que je propose, Pierre Cailler, Genève, 1951, n°2, p.112
J. et H. Dauberville, Catalogue raisonné de l'oeuvre peint révisé et augmenté 1888-1905, vol. I, Paris, 1992, n° 72, reproduit en noir et blanc p.136
N. Watkins, Bonnard, Phaidon, Paris, 1994, n°24, reproduit p.37
Un certificat de Monsieur Pierre Vernon pourra être délivré sur demande de l'acquéreur.
Oil and pencil on panel; signed and dated upper left; 13 7/8 x 10 5/8 in.
En 1951, Thadée Natanson publie Le Bonnard que je propose, ouvrage dans lequel il reprend les descriptions des dix-neuf tableaux de l’artiste qu’il avait été « forcé » de vendre en 1908. Celui-ci est ainsi décrit : « Baignade : À l’ombre d’un arbre une dame va plonger près d’un bateau dont la rame coupe la nappe ensoleillée du fleuve. Harmonie vert et gris, rehauts de deux ors et lie de vin. »
Ce passage met en lumière la dimension narrative de l’œuvre en interprétant l’attitude inclinée de la figure féminine comme l’instant précédant un plongeon. Le modèle de Bonnard est très probablement Marthe, sa muse rencontrée en 1893, année d’exécution de ce tableau (fig. 1). Dotée d’un tempérament effacé et peu sociable, elle incarne l’exact opposé de Misia.
Employée dans une boutique de fleurs artificielles, elle se présente sous le nom de Marthe de Méligny, dissimulant une identité plus humble, celle de Maria Boursin, née dans une famille modeste du Berry et âgée de trente-quatre ans. Bonnard l’épouse en 1925 et sa disparition en 1942 l’affecte profondément.
Marthe fut un modèle privilégié, particulièrement pour les séries de nus qui firent la célébrité du peintre (fig. 4).
Dans La Baignade, Marthe apparaît comme une figure quasi mythologique, évoquant une nymphe prête à glisser dans l’eau, à la manière des héroïnes éthérées qui peuplent les drames symbolistes de Maeterlinck, auteur alors très admiré par les nabis. La jeune femme s’avance vers un bassin dont la surface capte intensément la lumière dorée filtrée à travers les arbres.
Derrière elle, la balustrade d’un pont traverse la scène, tandis que glisse un petit voilier qui s’éloigne vers une mer scintillante. Comme dans plusieurs de ses œuvres de jeunesse (fig. 2 et 3), Bonnard, surnommé le « nabi très japonard », organise sa composition selon des principes empruntés aux estampes japonaises. L’élévation abrupte du point de vue, le raccourci audacieux, la ligne souple qui décrit le corps et en particulier la courbe délicate du dos font référence à l’art japonais et plus particulièrement à celui d’Utamaro. Pour Nicholas Watkins, cette métamorphose de Marthe en nymphe annonce les thèmes développés par Bonnard dans ses illustrations de Daphnis et Chloé, publiées en 1902. L’artiste aborde ce nu avec une sensualité nouvelle, au moment même où débute sa relation amoureuse avec Marthe.
Le mouvement de la jeune femme, penchée vers l’eau, forme une seule et longue courbe qui unit la tête, le dos et les hanches. La lumière dorée, réfléchie par le bassin, se dépose sur sa peau, se mêle à ses cheveux et se prolonge jusque sur le pont, unifiant la scène dans une même harmonie chromatique. Le rideau de végétation encadre la composition comme une fenêtre naturelle, plaçant le spectateur dans une posture légèrement furtive, presque de voyeur, face à un instant d’intimité saisi sur le vif.
Fig. 1 : Marthe de profil, s’essuyant la jambe, circa 1900-1901, négatif sur film souple au gélatino-bromure d’argent
Fig. 2 : Pierre Bonnard, Les trois âges (maternité), 1893, huile sur toile
Fig. 3 : Pierre Bonnard, Tête de femme, circa 1892, huile sur bois, Collection particulière, Suisse
Fig. 4 : Pierre Bonnard, Nu à contre-jour, huile sur toile, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles
Pierre BONNARD
35.2 x 27 cm
In 1951, Thadée Natanson published Le Bonnard Que Je Propose, a work in which he revisited the descriptions of the nineteen paintings by Bonnard that he had been ’forced’ to sell in 1908. This one is described as follows: “In the shade of a tree, a woman is about to dive near a boat whose oar cuts through the sun-drenched surface of the river. Harmony of green and grey, highlighted by two shades of gold and burgundy”.
This passage highlights the narrative dimension of the work in its interpretation of the female figure’s leaning posture at the moment just before she dives into the water. Bonnard’s model was most likely his muse Marthe, whom he had met in 1893, the year this painting was created (ill. 1). With her reserved and introverted nature, she was the exact opposite of Misia.
An employee in a shop selling artificial flowers, she went by the name of Marthe de Méligny, concealing a more humble identity: that of Maria Boursin, thirty-four years old and born into a modest family in Berry. Bonnard married her in 1925 and was deeply affected by her death in 1942.
Marthe was a favourite model, notably for the series of nudes that brought the painter fame (ill. 4).
In La Baignade, Marthe appears as an almost mythological figure, suggesting a nymph ready to slip into the water, much like the ethereal heroines who populate the Symbolist plays of Maeterlinck, an author who was greatly admired by the Nabis at the time. The young woman moves towards a pool whose surface captures the golden light filtering through the trees. Behind her, the railing of a bridge crosses the scene, whilst a small sailing boat glides away towards a sparkling sea. As in many of his early works (ill. 2 and 3), Bonnard, nicknamed the ’very Japanese Nabi’, organises his composition according to principles borrowed from Japanese prints. The abrupt rise in the viewpoint, the bold foreshortening, the supple line tracing the body and in particular, the delicate curve of the back, all draw upon Japanese art, and more specifically that of Utamaro. For Nicholas Watkins, this metamorphosis of Marthe into a nymph foreshadows the themes developed by Bonnard in his illustrations for Daphnis et Chloé, published in 1902.
The artist approaches this nude with a new sensuality, just as his romantic relationship with Marthe was beginning. The young woman’s movement, as she leans towards the water, forms a single, long curve that unites her head, back and hips. The golden light, reflected by the pond, falls upon her skin, mingles with her hair and extends all the way to the bridge, unifying the scene in a single chromatic harmony.
The curtain of foliage frames the composition like a natural window, placing the viewer in a slightly furtive, almost voyeuristic position, witnessing a moment of intimacy captured as it unfolds.
Fig. 1 : Marthe de profil, s’essuyant la jambe, circa 1900-1901, négatif sur film souple au gélatino-bromure d’argent
Fig. 2 : Pierre Bonnard, Les trois âges (maternité), 1893, huile sur toile
Fig. 3 : Pierre Bonnard, Tête de femme, circa 1892, huile sur bois, Collection particulière, Suisse
Fig. 4 : Pierre Bonnard, Nu à contre-jour, huile sur toile, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles
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Pierre BONNARD
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Louis Grandchamp des Raux Collection
Oct 24, 2026, 10:00 AM EDTParis, IDF, France
€450,000
€50,000
€550,000
€250,000
€80,000
€40,000
€60,000
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€250,000
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€250,000
€300,000
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![Pierre Bonnard Signed "Notes Sur L' Amour", 1922: Anet, Claude, illus.: Bonnard, Pierre, "Notee Sur L'Amour" [Notes on Love], Paris: Editions G. CRES et Cie, 1922, no. 31 of 50 copies signed by Claude Anet and Pierre Bonnard. 11" L x 8.75" W x 0.25"](https://p1.liveauctioneers.com/5649/417740/232376097_1_x.jpg?height=181&quality=70&sharpen=true&version=1778871434&width=181)
