Description
Pierre BONNARD
La petite Fenêtre - 1946
Huile sur toile
Signée en bas à droite "Bonnard", dédicacée au dos "A MADELEINE / TERRASSE"
59 x 44 cm
Provenance : Ancienne collection Charles Terrasse, Paris
Collection Madeleine Terrasse, Paris
Galerie Alexis Pentcheff, Marseille
Acquis auprès de cette dernière par l'actuel propriétaire le 15 avril 2022
Collection Louis Grandchamp des Raux
Expositions : Bâle, Kunsthalle Basel, Pierre Bonnard, mai-juillet 1955, n°97, p.30
Nice, Galerie des Ponchettes, Bonnard, août - septembre 1955, n°43, p. 32 (selon une étiquette au dos)
Munich, Haus der Kunst München, Paris, Orangerie des Tuileries, Centenaire de la naissance de Pierre Bonnard, octobre 1966 - avril 1967, n°155, reproduit (selon une étiquette au dos)
Marcq-en-Baroeul, Fondation Anne et Albert Prouvost, Bonnard, avril-juillet 1978, n°44
Colmar, Musée d’Unterlinden, Autour d’une acquisition : Bonnard, juin-septembre 1982, n°35 (selon une étiquette au dos)
Londres, Hayward Gallery, Newcastle, Laing Art Gallery, Bonnard at Le Bosquet, juin-octobre 1994, n°58, reproduit p.109 (selon une étiquette au dos)
Paris, Galerie Schmit, Pierre Bonnard, Paris, mai-juillet 1995, n°50, reproduit (selon une étiquette au dos)
Nice, Musée Matisse, Bonnard-Matisse, une amitié, juin-octobre 1996 (selon une étiquette au dos)
Washington, The Phillips Collection, Denver, Denver Art Museum, Pierre Bonnard, Early and Late, septembre 2002 - mai 2003, n°133 p.241, reproduit en couleur p.275
Le Cannet, Musée Bonnard, Bonnard et Le Cannet. Dans la lumière de la Méditerranée, juin-septembre 2011, n°55 p.154, reproduit en couleur p.116
Le Cannet, Musée Bonnard, Bonnard, Le Cannet, une évidence, juillet-novembre 2020, n°38, reproduit en couleur en couverture et p.103
Laren, Singer Laren, La Grande Bleue, Painters of the Méditerranée, septembre 2023 – janvier 2024, reproduit p.102-103
Aix-en-Provence, Hôtel de Caumont, centre d’art, Bonnard et le Japon, avril-octobre 2024, n°111, reproduit en couleur p.12 (détail) et p.166
Bibliographie : Nouveau Fémina-Illustration, mars 1956, reproduit p. 81
J. et H. Dauberville, Bonnard, catalogue raisonné de l'œuvre peint 1940-1947, Tome IV et supplément 1887-1939, Bernheim Jeune, Paris, 1974, n°1675, reproduit en noir et blanc p.93
C. Chicha-Castex, A. Lévêque, V. Serrano, Pierre Bonnard Au fil des jours Agendas 1927-1946, L’atelier contemporain, Nancy, 2019, reproduit p. 266
Un certificat de Monsieur Pierre Vernon pourra être délivré sur demande de l'acquéreur.
Oil on canvas; signed lower right, dedicated on the reverse; 23 1/4 x 17 3/8 in.
Il ne s’agit pas de peindre la vie, il s’agit de rendre vivante la peinture1. »
Au début du XXe siècle, la Côte d’Azur devient l’un des foyers de création artistique les plus vibrants.
Dans ce « grand atelier du Midi », comme l’appellera plus tard André Chastel, les peintres viennent confronter leur art à une lumière plus forte, plus aiguë, qui les pousse à réinventer leur palette et à placer la couleur au cœur de leurs recherches.
C’est à l’invitation du fauve Henri Manguin que Pierre Bonnard découvre Saint-Tropez. Dès lors, il revient régulièrement dans le Midi avant d’acquérir, en 1926, la villa du Bosquet au Cannet, sur les hauteurs de Cannes. C’est l’année précédant sa mort, depuis la chambre de son humble maison, que Bonnard peint cette Petite Fenêtre (1946). Le 9 avril 1945, il imagine pour la première fois le tableau, dans un petit croquis dessiné dans son agenda depuis la fenêtre de sa chambre (fig. 1). Il retravaille ensuite sa composition dans un dessin bien plus abouti (fig. 2), où la plupart des éléments sont déjà en place. L’artiste admire sincèrement Monet et Renoir, les deux grands maîtres impressionnistes, mais sa vision demeure foncièrement différente de la leur. Si l’observation directe du motif est essentielle, Bonnard privilégie ensuite un long travail en atelier afin de ménager une distance entre ce qu’il a vu et ce qu’il a ressenti, cherchant à éviter d’être prisonnier du réel. Dans ce processus, le dessin joue un rôle central : c’est la part la plus spontanée et immédiate de sa pratique.
Au fil de ses séjours au Cannet, notamment durant les années de guerre, l’œuvre de Bonnard atteint un sommet dans l’exploration de la lumière (fig. 3). Le paysage devient sa principale source d’inspiration : la nature méditerranéenne lui offre des sensations neuves et intenses, sans cesse renouvelées (fig. 4).
Dans La petite Fenêtre, il est près de neuf heures du matin et la lumière d’été inonde la chambre de l’artiste.
Bonnard a entrouvert le battant droit de la fenêtre pour pouvoir ouvrir largement le gauche, puis s’est avancé pour embrasser le paysage.
À gauche, l’amandier bleuté occupe une part importante de la vue. Dans la pente du jardin qui descend vers la droite, un oranger émerge devant une petite dépendance dont les tuiles du toit accrochent la lumière. Le battant droit de la fenêtre n’a pas été entièrement ouvert, la poignée est visible, l’artiste se trouve donc à gauche et regarde en diagonale, dans une vue en grand angle, le jardin et ses terrasses. Dans ce paysage aux contrastes chromatiques puissants et aux plans clairement marqués, la nature se charge chez Bonnard d’un lyrisme vibrant. L’artiste multiplie les harmonies chromatiques, superpose les couches de peinture, gratte et reprend inlassablement ses toiles (fig. 5). La Petite Fenêtre, l’une des œuvres ultimes de Bonnard, témoigne de la manière dont il parvient à donner forme à ses sensations. La matière picturale, presque palpable, se fait lumière grâce au scintillement de la végétation. Invitation au silence et à la contemplation, cette nature rayonnante et familière laisse transparaître la sérénité profonde que Bonnard trouva au Cannet.
1. Pierre Bonnard, Observations sur la peinture, 1946, rééd. Strasbourg, L’atelier contemporain, 2015, p. 53.
Fig. 1 : Agenda de Pierre Bonnard, 9 avril 1945, Bibliothèque nationale de France
Fig. 2 : Pierre Bonnard, La petite Fenêtre, 1946, crayon noir
Fig. 3 : Pierre Bonnard, Le Cannet, 1930, huile sur toile, Fondation Bemberg, Toulouse
Fig. 4 : Pierre Bonnard, Vue du Cannet, 1927, huile sur toile, musée d’Orsay, Paris
Fig. 5 : Pierre Bonnard, Midi au jardin, circa 1936, huile sur toile, musée d’Art Moderne de la ville de Paris
Pierre BONNARD
59 x 44 cm
“It is not a question of painting life, but of bringing painting to life.”
At the start of the 20th century, the Côte d’Azur became one of the most vibrant centres of artistic creation. In this « grand atelier du Midi », as André Chastel would later call it, painters came to test their art against a stronger, sharper light, which compelled them to reinvent their palette and place colour at the heart of their artistic exploration.
It was at the invitation of the Fauvist Henri Manguin that Pierre Bonnard discovered Saint-Tropez. From then on, he returned regularly to the Midi before acquiring, in 1926, the Villa du Bosquet in Le Cannet, in the hills above Cannes. It was in the year before his death, from the bedroom of his humble home, that Bonnard painted this Petite Fenêtre (1946). On 9 April 1945, he first imagined the painting in a small sketch drawn in his diary from his bedroom window (ill. 1). He then reworked the composition into a much more polished drawing (ill. 2), where most of the elements were already in place. The artist sincerely admired Monet and Renoir, the two great Impressionist masters, but his vision remained fundamentally different from theirs. Whilst he considered direct observation of the subject essential, Bonnard subsequently favoured a lengthy studio process in order to create a distance between what he had seen and what he had felt, seeking to avoid becoming a prisoner of reality. In this process, drawing played a central role as the most spontaneous and immediate aspect of his method.
During his various stays in Le Cannet, particularly during the war years, Bonnard’s work reached a high point in its exploration of light (ill 3). The landscape became his main source of inspiration: the Mediterranean countryside offered him new and intense sensations, constantly renewed (ill. 4). In La Petite Fenêtre, it is nearly nine o’clock in the morning and the summer light floods the artist’s bedroom. Bonnard has kept the right-hand window panel slightly ajar so that he can have the one on the left wide open, then he has stepped forward to take in the landscape. On the left, the bluish almond tree occupies a significant part of the view. On the slope of the garden leading down to the right, an orange tree stands out in front of a small outbuilding whose roof tiles catch the light.
On the right-hand window panel left ajar, the knob is visible, so the artist is standing on the left, looking diagonally, in a wide-angle view, at the garden and its terraces. In this landscape, with its powerful chromatic contrasts and clearly defined planes, nature is imbued with a vibrant lyricism.
The artist multiplies colour harmonies, superimposes layers of paint, scrapes away and tirelessly reworks his canvases (ill. 5).
La Petite Fenêtre, one of Bonnard’s final works, bears witness to the way in which he managed to give form to his sensations. The almost palpable paint layer becomes light thanks to the shimmering vegetation. An invitation to silence and contemplation, this radiant and familiar nature reveals the deep serenity that Bonnard found at Le Cannet.
1. Pierre Bonnard, Observations sur la peinture, 1946, rééd. Strasbourg, L’atelier contemporain, 2015, p. 53.
Fig. 1 : Agenda de Pierre Bonnard, 9 avril 1945, Bibliothèque nationale de France
Fig. 2 : Pierre Bonnard, La petite Fenêtre, 1946, crayon noir
Fig. 3 : Pierre Bonnard, Le Cannet, 1930, huile sur toile, Fondation Bemberg, Toulouse
Fig. 4 : Pierre Bonnard, Vue du Cannet, 1927, huile sur toile, musée d’Orsay, Paris
Fig. 5 : Pierre Bonnard, Midi au jardin, circa 1936, huile sur toile, musée d’Art Moderne de la ville de Paris
La petite Fenêtre - 1946
Huile sur toile
Signée en bas à droite "Bonnard", dédicacée au dos "A MADELEINE / TERRASSE"
59 x 44 cm
Provenance : Ancienne collection Charles Terrasse, Paris
Collection Madeleine Terrasse, Paris
Galerie Alexis Pentcheff, Marseille
Acquis auprès de cette dernière par l'actuel propriétaire le 15 avril 2022
Collection Louis Grandchamp des Raux
Expositions : Bâle, Kunsthalle Basel, Pierre Bonnard, mai-juillet 1955, n°97, p.30
Nice, Galerie des Ponchettes, Bonnard, août - septembre 1955, n°43, p. 32 (selon une étiquette au dos)
Munich, Haus der Kunst München, Paris, Orangerie des Tuileries, Centenaire de la naissance de Pierre Bonnard, octobre 1966 - avril 1967, n°155, reproduit (selon une étiquette au dos)
Marcq-en-Baroeul, Fondation Anne et Albert Prouvost, Bonnard, avril-juillet 1978, n°44
Colmar, Musée d’Unterlinden, Autour d’une acquisition : Bonnard, juin-septembre 1982, n°35 (selon une étiquette au dos)
Londres, Hayward Gallery, Newcastle, Laing Art Gallery, Bonnard at Le Bosquet, juin-octobre 1994, n°58, reproduit p.109 (selon une étiquette au dos)
Paris, Galerie Schmit, Pierre Bonnard, Paris, mai-juillet 1995, n°50, reproduit (selon une étiquette au dos)
Nice, Musée Matisse, Bonnard-Matisse, une amitié, juin-octobre 1996 (selon une étiquette au dos)
Washington, The Phillips Collection, Denver, Denver Art Museum, Pierre Bonnard, Early and Late, septembre 2002 - mai 2003, n°133 p.241, reproduit en couleur p.275
Le Cannet, Musée Bonnard, Bonnard et Le Cannet. Dans la lumière de la Méditerranée, juin-septembre 2011, n°55 p.154, reproduit en couleur p.116
Le Cannet, Musée Bonnard, Bonnard, Le Cannet, une évidence, juillet-novembre 2020, n°38, reproduit en couleur en couverture et p.103
Laren, Singer Laren, La Grande Bleue, Painters of the Méditerranée, septembre 2023 – janvier 2024, reproduit p.102-103
Aix-en-Provence, Hôtel de Caumont, centre d’art, Bonnard et le Japon, avril-octobre 2024, n°111, reproduit en couleur p.12 (détail) et p.166
Bibliographie : Nouveau Fémina-Illustration, mars 1956, reproduit p. 81
J. et H. Dauberville, Bonnard, catalogue raisonné de l'œuvre peint 1940-1947, Tome IV et supplément 1887-1939, Bernheim Jeune, Paris, 1974, n°1675, reproduit en noir et blanc p.93
C. Chicha-Castex, A. Lévêque, V. Serrano, Pierre Bonnard Au fil des jours Agendas 1927-1946, L’atelier contemporain, Nancy, 2019, reproduit p. 266
Un certificat de Monsieur Pierre Vernon pourra être délivré sur demande de l'acquéreur.
Oil on canvas; signed lower right, dedicated on the reverse; 23 1/4 x 17 3/8 in.
Il ne s’agit pas de peindre la vie, il s’agit de rendre vivante la peinture1. »
Au début du XXe siècle, la Côte d’Azur devient l’un des foyers de création artistique les plus vibrants.
Dans ce « grand atelier du Midi », comme l’appellera plus tard André Chastel, les peintres viennent confronter leur art à une lumière plus forte, plus aiguë, qui les pousse à réinventer leur palette et à placer la couleur au cœur de leurs recherches.
C’est à l’invitation du fauve Henri Manguin que Pierre Bonnard découvre Saint-Tropez. Dès lors, il revient régulièrement dans le Midi avant d’acquérir, en 1926, la villa du Bosquet au Cannet, sur les hauteurs de Cannes. C’est l’année précédant sa mort, depuis la chambre de son humble maison, que Bonnard peint cette Petite Fenêtre (1946). Le 9 avril 1945, il imagine pour la première fois le tableau, dans un petit croquis dessiné dans son agenda depuis la fenêtre de sa chambre (fig. 1). Il retravaille ensuite sa composition dans un dessin bien plus abouti (fig. 2), où la plupart des éléments sont déjà en place. L’artiste admire sincèrement Monet et Renoir, les deux grands maîtres impressionnistes, mais sa vision demeure foncièrement différente de la leur. Si l’observation directe du motif est essentielle, Bonnard privilégie ensuite un long travail en atelier afin de ménager une distance entre ce qu’il a vu et ce qu’il a ressenti, cherchant à éviter d’être prisonnier du réel. Dans ce processus, le dessin joue un rôle central : c’est la part la plus spontanée et immédiate de sa pratique.
Au fil de ses séjours au Cannet, notamment durant les années de guerre, l’œuvre de Bonnard atteint un sommet dans l’exploration de la lumière (fig. 3). Le paysage devient sa principale source d’inspiration : la nature méditerranéenne lui offre des sensations neuves et intenses, sans cesse renouvelées (fig. 4).
Dans La petite Fenêtre, il est près de neuf heures du matin et la lumière d’été inonde la chambre de l’artiste.
Bonnard a entrouvert le battant droit de la fenêtre pour pouvoir ouvrir largement le gauche, puis s’est avancé pour embrasser le paysage.
À gauche, l’amandier bleuté occupe une part importante de la vue. Dans la pente du jardin qui descend vers la droite, un oranger émerge devant une petite dépendance dont les tuiles du toit accrochent la lumière. Le battant droit de la fenêtre n’a pas été entièrement ouvert, la poignée est visible, l’artiste se trouve donc à gauche et regarde en diagonale, dans une vue en grand angle, le jardin et ses terrasses. Dans ce paysage aux contrastes chromatiques puissants et aux plans clairement marqués, la nature se charge chez Bonnard d’un lyrisme vibrant. L’artiste multiplie les harmonies chromatiques, superpose les couches de peinture, gratte et reprend inlassablement ses toiles (fig. 5). La Petite Fenêtre, l’une des œuvres ultimes de Bonnard, témoigne de la manière dont il parvient à donner forme à ses sensations. La matière picturale, presque palpable, se fait lumière grâce au scintillement de la végétation. Invitation au silence et à la contemplation, cette nature rayonnante et familière laisse transparaître la sérénité profonde que Bonnard trouva au Cannet.
1. Pierre Bonnard, Observations sur la peinture, 1946, rééd. Strasbourg, L’atelier contemporain, 2015, p. 53.
Fig. 1 : Agenda de Pierre Bonnard, 9 avril 1945, Bibliothèque nationale de France
Fig. 2 : Pierre Bonnard, La petite Fenêtre, 1946, crayon noir
Fig. 3 : Pierre Bonnard, Le Cannet, 1930, huile sur toile, Fondation Bemberg, Toulouse
Fig. 4 : Pierre Bonnard, Vue du Cannet, 1927, huile sur toile, musée d’Orsay, Paris
Fig. 5 : Pierre Bonnard, Midi au jardin, circa 1936, huile sur toile, musée d’Art Moderne de la ville de Paris
Pierre BONNARD
59 x 44 cm
“It is not a question of painting life, but of bringing painting to life.”
At the start of the 20th century, the Côte d’Azur became one of the most vibrant centres of artistic creation. In this « grand atelier du Midi », as André Chastel would later call it, painters came to test their art against a stronger, sharper light, which compelled them to reinvent their palette and place colour at the heart of their artistic exploration.
It was at the invitation of the Fauvist Henri Manguin that Pierre Bonnard discovered Saint-Tropez. From then on, he returned regularly to the Midi before acquiring, in 1926, the Villa du Bosquet in Le Cannet, in the hills above Cannes. It was in the year before his death, from the bedroom of his humble home, that Bonnard painted this Petite Fenêtre (1946). On 9 April 1945, he first imagined the painting in a small sketch drawn in his diary from his bedroom window (ill. 1). He then reworked the composition into a much more polished drawing (ill. 2), where most of the elements were already in place. The artist sincerely admired Monet and Renoir, the two great Impressionist masters, but his vision remained fundamentally different from theirs. Whilst he considered direct observation of the subject essential, Bonnard subsequently favoured a lengthy studio process in order to create a distance between what he had seen and what he had felt, seeking to avoid becoming a prisoner of reality. In this process, drawing played a central role as the most spontaneous and immediate aspect of his method.
During his various stays in Le Cannet, particularly during the war years, Bonnard’s work reached a high point in its exploration of light (ill 3). The landscape became his main source of inspiration: the Mediterranean countryside offered him new and intense sensations, constantly renewed (ill. 4). In La Petite Fenêtre, it is nearly nine o’clock in the morning and the summer light floods the artist’s bedroom. Bonnard has kept the right-hand window panel slightly ajar so that he can have the one on the left wide open, then he has stepped forward to take in the landscape. On the left, the bluish almond tree occupies a significant part of the view. On the slope of the garden leading down to the right, an orange tree stands out in front of a small outbuilding whose roof tiles catch the light.
On the right-hand window panel left ajar, the knob is visible, so the artist is standing on the left, looking diagonally, in a wide-angle view, at the garden and its terraces. In this landscape, with its powerful chromatic contrasts and clearly defined planes, nature is imbued with a vibrant lyricism.
The artist multiplies colour harmonies, superimposes layers of paint, scrapes away and tirelessly reworks his canvases (ill. 5).
La Petite Fenêtre, one of Bonnard’s final works, bears witness to the way in which he managed to give form to his sensations. The almost palpable paint layer becomes light thanks to the shimmering vegetation. An invitation to silence and contemplation, this radiant and familiar nature reveals the deep serenity that Bonnard found at Le Cannet.
1. Pierre Bonnard, Observations sur la peinture, 1946, rééd. Strasbourg, L’atelier contemporain, 2015, p. 53.
Fig. 1 : Agenda de Pierre Bonnard, 9 avril 1945, Bibliothèque nationale de France
Fig. 2 : Pierre Bonnard, La petite Fenêtre, 1946, crayon noir
Fig. 3 : Pierre Bonnard, Le Cannet, 1930, huile sur toile, Fondation Bemberg, Toulouse
Fig. 4 : Pierre Bonnard, Vue du Cannet, 1927, huile sur toile, musée d’Orsay, Paris
Fig. 5 : Pierre Bonnard, Midi au jardin, circa 1936, huile sur toile, musée d’Art Moderne de la ville de Paris
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Oct 24, 2026, 10:00 AM EDTParis, IDF, France
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![Pierre Bonnard Signed "Notes Sur L' Amour", 1922: Anet, Claude, illus.: Bonnard, Pierre, "Notee Sur L'Amour" [Notes on Love], Paris: Editions G. CRES et Cie, 1922, no. 31 of 50 copies signed by Claude Anet and Pierre Bonnard. 11" L x 8.75" W x 0.25"](https://p1.liveauctioneers.com/5649/417740/232376097_1_x.jpg?height=181&quality=70&sharpen=true&version=1778871434&width=181)

